BYZANTIVM
Histoire et monnaies de l'empire Byzantin

Introduction


Rome et Constantinople, deux cités, deux capitales d'empires dont l'histoire a marqué à jamais notre civilisation.

L'Empire byzantin est en réalité une appellation moderne qui date du XVIe siècle. En fait, les Empereurs de Constantinople se considérèrent toujours comme des Romains, l’empire était alors désigné « Basileía Rômaíôn », qui signifie « Empire romain ». Héritier de la grandeur de Rome, l’empire Byzantin restera le trait d’union entre l’antiquité et le moyen âge, grâce auquel toute une connaissance fut transmise : utilisation du droit, techniques agricoles élaborées (aqueducs, irrigation, ...), urbanisme (monuments, égout, voierie, …), science (médecine, philosophie, Histoire, etc.)…
D’un point de vue numismatique, le commencement du monnayage byzantin débute avec la réforme d’Anastase, en réalité, la vrai fondation remonte à celle de l’empire romain d’Orient avec la fondation de Constantinople par l’empereur Constantin le grand en 330 qui fit de l’ancienne Byzance la capitale de l’empire.
A cheval entre l'antiquité et le moyen âge, entre le IVe et le XVe siècle ap J.-C., entre l'empire Romain et l'empire Grec, entre Rome et Constantinople, les monnaies de l'empire byzantin sont les modestes artefacts de cette passionnante histoire millénaire.
L'objectif de ce site est de vous faire partager cette fabuleuse histoire romaine et surtout byzantine à travers les monnaies qui sont parvenues jusqu'à nous.

Source gallica.bnf.fr

Histoire romaine et byzantine


Sans rentrer dans tous les détails de cette histoire millénaire, vous trouverez un résumé de l'histoire Byzantine dont les monnaies Byzantines sont de modestes témoins.

L’évènement fondateur de l'empire Byzantin est sans aucun doute la décision de l'empereur Constantin le Grand de fonder sa capitale en orient, à l'emplacement de l'ancienne Byzance sur le Bosphore. En 330, après dix ans de travaux par les ouvriers Goths, l’inauguration de la nouvelle capitale fut célébrée, cette capitale fut appelée Constantinople, en fait Constantinopolis en latin, soit la ville de Constantin. A cette occasion des monnaies furent émises dans tous l'empire pour célébrer la commémoration de Rome et de Constantinople, la seconde Rome. De fabuleux monuments comparables à ceux de Rome y furent érigés comme l'hippodrome, un forum, un sénat et la première basilique Saine Sophie.

En 395, l'empereur Théodose Ier décide de séparer l'empire en deux, l'empire Romain d'Orient est fondé, plus jamais l'Occident et l'Orient, de la Gaule à l'Anatolie ne seront réunis en un seul empire.
Puis au début Ve siècle, les temps sont troubles et les guerres ébranlent les frontières de l'empire, Rome est même saccagée par le Wisigoths en 410, et les fortifications de la ville sont renforcées et Théodose II l'entoure de nouveaux remparts entre 412 et 414, mais l'empire romain d'Orient tient bon, là ou l'occident plie sous le poids des barbares avec la chute définitive de l'empire d'occident en 476. 


L'empire Romain d'Orient est désormais seul héritier Rome, et plutôt que sombrer sous la pression des envahisseurs, il va même devenir tout puissant au VIe siècle sous Justinien. Suite à de judicieuses alliances et à des campagnes militaires bien menées, Justinien reprendra L'Afrique de l'ouest dont la province de Carthage au Vandales et l'Italie au Wisigoths, vers 555, l'empire Romain est quasiment reconstitué. En réalité cette reconstruction de l'empire restera de courte durée. Des successeurs, moins brillants pour certains, et des guerres incessantes aux frontières, contre les Avars dans les Balkans, contre les Lombards en Italie et contre les fameux Perses en Orient provoqueront un déclin territorial probablement inévitable. 



Et finalement, c'est au fond du trou en 610, l'armée de l'usurpateur Phocas se fait laminée par les Perses, de grandes villes comme Antioche tombent aux mains des Perses. Jérusalem est également prise. Et c'est alors qu'un fabuleux sursaut va avoir lieux. Héraclius prend le pouvoir, réorganise l'empire et connait de brillant succès contre les Perses qu'il finit par faire tomber définitivement. Ce rebond est finalement de courte durée, en même temps qu'un ennemi disparaissait, un autre apparaît. Les armées Arabes envahirent tout le moyen Orient et l'Egypte.Et finalement cette prise de l'Egypte fut un coup fatal, pas tant militaire mais économique. L'Egypte était la province qui nourrissait Constantinople, l'Annone, distribution de blé gratuite aux habitant de la capitale, tradition héritée de Rome, dut être stoppée. Jamais les finances de l'empire s'en remettront.




Après avoir presque sombré avec des ennemis aux portes de Constantinople  L'empire survit et va même se réorganiser et va devenir totalement grec. En Italie, après avoir cédée la Sicile aux Arabes, les Byzantins prennent l'Italie du Sud. Dans les Balkans, après deux siècles de guerres quasi incessantes contres les Bulgares, Basil II écrase définitivement les Bulgares, l'empire s'étend même en Orient ou d'anciennes villes Byzantines comme Antioche sont reprises. 
Mais de nouveaux ennemis surgissent les Normands en Italie et les Turcs à l'est alors qu'un coup quasiment fatal arrivera de d'occident. Pour des raisons économiques et notamment la prise de contrôle du Bosphore, le Doge de Venise détourne le IVe croisade de son objectif et organise le sac de Constantinople qui aboutira par un démantèlement de l'empire et à la création des états latins. Les Byzantins reprirent Constantinople, mais l'empire est au plus mal face à la pression des Turcs qui s’intensifie.

Et finalement quand les Turcs prennent Constantinople, en 1453, cette capitale n'est déjà plus qu'un village entourés des ruines des siècles passés derrière ses remparts. 

Le monnayage romain tardif et le monnayage byzantin


Le monnayage byzantin commence avec les monnaies du Ve siècle, en réalité elle ne sont pas à proprement dit des monnaies byzantines mais plutôt des monnaies de l’empire romain d’Orient. Les ouvrages numismatiques comme celui de David R Sear commencent à référencer les monnaies byzantines à la réforme monétaire d’Anastase qui introduit le nouveau monnayage spécifiquement byzantin et en rupture avec le monnayage romain, tandis que J. Sabatier commence sa classification des monnaies byzantines au début du règne d’Arcadius. Le monnayage byzantin du Ve siècle, d'Arcadius à Zenon, avant la réforme monétaire d'Anastase, fait partie intégrante du monnayage romain tardif.


En 498, une nouvelle monnaie est créé, il s'agit d'un multiple de 40 nummis avec toute une série de divisionnaires. Le follis est une monnaie d’environ 30 mm pour un poids de 18 grammes. Avec ce follis, c'est le retour d’une grande monnaie "romaine" qui va évoluer au fil des VI et VIIe siècles après J.-C.
Les follis les plus emblématiques de l’Empire byzantin sont certainement ceux de l’empereur Justinien avec l’introduction des portraits de face sur les monnaies de bronze et l’abandon du portrait de profil de tradition romaine. A partir de l’an XII, c’est à dire de 538, une réforme monétaire introduit des follis de Justinien plus grands et plus lourds (jusqu’à plus de 40 mm pour un poids théorique de 27 g, leur poids reviendra rapidement à 18g puis déclinera en termes de poids au VIIe siècle pour descendre vers 4 g. 


Cette évolution monétaire est en réalité un artéfact de l'évolution très importante de la civilisation romaine et byzantine du VIème siècle et se traduit dans le monnayage par une nouvelle iconographie et de nouveaux symboles : 
  • L’avancée de la culture grecque prend le pas sur la culture latine : les habits impériaux, par exemple, s’orientalisent avec la robe consulaire et la numérotation grecque se généralise au détriment des chiffres romains. On notera la cohabitation sur le revers de cette monnaie des chiffres grecs (lettres) : Δ, Ϛ et M avec les chiffres romains X et II ;
  • La religion gagne en importance avec une multiplication des symboles religieux sur les monnaies : sur cette monnaie croix, globe crucigère et diadème avec pendilla.
  • Des symboles forts de l’autorité impériale et militaire : buste de l’empereur cuirassé avec un bouclier ;
  • Depuis Anastase, l’organisation de l’administration byzantine, se traduit sur le revers monnaies par l'abandon des allégories présentes sur les monnaies romaines au profit d'informations plus pratiques : marque de valeur, année de la frappe, atelier, officine, … 

Au VIIIe et IXe siècle, les follis vont continuer de représenter à l’avers la représentation de l’empereur (et éventuellement du coempereur). Les divisionnaires du follis vont être abandonnés et seul le follis restera, la nécessité d’indiquer la valeur de la monnaie au revers va donc disparaitre et le revers va être utilisé pour représenter dans de nombreux cas une légende en plusieurs lignes à la gloire de l’empereur.
A partir de la fin du IXe siècle, la représentation de l’empereur va même disparaître des follis et va être remplacée par le buste du Christ, c’est l’apparition des fameux follis anonymes. 


Cette représentation de l’empereur va réapparaître plus tard sur les monnaies avec à l’avers la représentation du Christ et au revers celle de l’empereur. Cette phase coïncide avec une période de grande prospérité de l’empire byzantin sous les macédoniens, le poids des follis va passer de 4-5g à près de 14g.






Puis au XIIe siècle, le follis va être abandonnée pour des plus petits Tetarterons et des monnaies concaves appelées Asprom Trachy en alliage de cuivre et d’argent. On retrouvera sur ces monnaies l’empereur, généralement debout avec une iconographie religieuse assez variée. 


Quelques monnaies

Cette collection de monnaies est en construction permanente, à ce stade près de 1500 monnaies présentées provenant de différentes collections privées ou maisons de vente.

Monnaies byzantines en métaux courants


L'empire byzantin à la fin du IVe et au Ve siècle ap J.-C.

L'empire byzantin du VIIIe au XIe siècles ap J.-C.


Monnaies byzantines en métaux précieux


L'empire byzantin à la fin du IVe et au Ve siècle ap J.-C.

L'empire byzantin au VIe siècle ap J.-C.

L'empire byzantin du VIIIe au XIe siècles ap J.-C.


Quelques Monnaies Romaines


Quelques Monnaies Grecques


Ateliers byzantins


Les ateliers d'émission des monnaies ont évolués au fur et à mesure de l'évolution de l'empire romain, de l'Italie à la mer noire et de Constantinople à Alexandrie.
Découvrez ces villes ayant été le lieu des ateliers monnaitaires sur cette carte en cliquant sur les icônes ci-dessous :

Liens

forumfw - Numismatique de l'antiquité et de l'empire romain


BYZANTIUM, The Lost Empire


bnumis - Besançon Numismatique


LES MONNAIES DE L'ANTIQUITE - Revue numismatique N°1 et 2


BYZANTIUM1200

http://www.byzantium1200.com/

Collection Valentinien Ier par Dardanus


Références

Voici une liste d'ouvrages sur le monnayage byzantin destinée à tous ceux qui souhaitent se documenter

Ouvrages généralistes de l'empire Byzantin :

  • Byzantine Coins And Their Values : Auteur David R. Sear, 1987
Ouvrage de référence d'Anastase à Constantin XI (491-1453)
526 pages et de nombreuses illustrations
Près de 2600 références de monnaies avec des indications sur la valeurs et donc sur la rareté des monnaies

  • Studies in the Byzantine Monetary Economy c. 300-1450  : Auteur Michael F. Hendy, 1985
Ouvrage réalisé par l'auteur du DOC IV 
771 pages et 36 planches de monnaies de Constantin à Constantin XI (300-1450)

  • Byzantine Coins : Auteur Philip Grierson, 1982
Ouvrage réalisé par l'auteur des DOC I et II 
385 pages et 95 planches (de 1 à 95) d'Anastase à Constantin XI (491-1453)

  • Byzantine Coins. the world of numismatics : Auteur P.D. Whitting, 1973
Un survol du monnayage Byzantin très intéressant pour en comprendre l'évolution générale
311 pages et 92 planches 

  • Catalogue of the Imperial Byzantine coins in the British Museum : Auteur Warwick Wroth, 1908
Ouvrage réalisé à partir de la collection du British Museum.
687 pages et 76 planches de monnaies
Volume 1 : 35 planches de I à XXXV d'Anastase à Constans II (491-668)
Volume 2 : 41 planches de XXXVI à LXXVII de Constantin IV à Constantin XI (668-1453)

  • Description générale des monnaies byzantines : Auteur J. Sabatier, 1862
700 pages et 70 planches de monnaies d'Arcadius à Constantin XI (491-1453)
Volume 1 : 33 planches de I à XXXIII d'Arcadius à Constant II (383-668)
Volume 2 : 37 planches de XXXIV à LXX de Constant II et Constantin IV à Constantin XI (668-1453)


Pseudo-byzantines et arabo-byzantines du VIIe siècle :

  • Arab-Byzantine Coins, An Introduction, with a Catalogue of the Dumbarton Oaks Collection : Auteur Clive Foss, 2009
Une très intéressante présentation des différentes catégories 
de monnaies pseudo et arabo-byzantines
avec un bon récapitulatif historique et de nombreuses illustrations


  • Pseudo Byzantine coinage in Syria under arab rule (618 - c 670) classification and dating : Auteurs Henri Pottier,  Ingrid et Wolfgang Schulze, 2008
Une publication de référence sur les monnaies pseudo byzantines
et une remarquable étude sur la chronologie de ces monnaies
68 pages et 8 planches



L'empire Byzantin aux VIe et VIIe siècles :

  • MIB, MIBE, MIBEC : Moneta Imperii Byzantini : Auteur Wolfgang Hahn  
Ouvrage de référence ultra précis avec des planches remarquables
  • Volume I : D'Anastase à Justinien (491-586)  : 1973 réédité avec Michael Metlich en 2013 sous le titre Money of the Incipient Byzantine Empire (MIBE)
178 pages, 37 planches et 5 planches dépliantes
  • Volume II : De Justin II à Revolt of the Heraclii (565-610) : 1975, réédité avec Michael Metlich en 2009 sous le titre Money of the Incipient Byzantine Empire Continued (MIBEC)
214 pages, 41 planches et 12 planches dépliantes
  • Volume III : De Héraclius à Léon III (610-720) : 1981
315 pages, 58 planches et 25 planches dépliantes

  • DOCI : Catalogue of the byzantine coins in the Dumbarton Oaks Collection and in the Whittemore Collection
Ouvrage de référence réalisé à partir de la collection du musée Dumbarton Oaks.
Volume I :  D'Anastase (491 ap J.-C) à Maurice ( 602 ap J.-C.) : Auteur Philip Grierson, 1966
383 pages et 80 planches de monnaies (de I à LXXX)

  • DOCII : Catalogue of the byzantine coins in the Dumbarton Oaks Collection and in the Whittemore Collection
Ouvrage de référence réalisé à partir de la collection du musée Dumbarton Oaks.
Volume II :  De Phocas (602 ap J.-C) à Théodose III ( 717 ap J.-C.) : Auteur Philip Grierson, 1968
728 pages et 46 planches de monnaies
part 1 : 22 planches de I à XXII de Phocas à Héraclius (602-641)
part 2 : 24 planches de XXIII à XLVI de Hércalius Constantin à Théodose III (641-717)

  • Analyse d'un trésor de monnaies enfoui au VIe siècle en Syrie Byzantine : Auteur Henri Pottier
Etude très précise d'un remarquable trésor, des planches de monnaies très intéressantes 
600 pages et 50 planches de monnaies (de I à L)


L'empire Byzantin tardif (du XI au XVe siècles) :

  • Late Byzantine Coins 1204 - 1453 in the Ashmolean Museum, University of Oxford : Auteur Eleni Lianta, 2009
Ouvrage de référence réalisé à partir de la collection du Ashmolean Museum.
Un ouvrage très précis avec la description de nombreuses variantes
335 pages des empereurs de Nicée à Constantin XI (1204-1453)

  • DOCIV : Catalogue of the byzantine coins in the Dumbarton Oaks Collection and in the Whittemore Collection
Ouvrage de référence réalisé à partir de la collection du musée Dumbarton Oaks.
Volume IV :  De Alexis I (1081 ap J.-C) à Théodose III ( 1261 ap J.-C.) : Auteur Michael F. Hendy, 1969
736 pages et 54 planches de monnaies
part 1 : D'Alexis I à Alexis V (1081-1204)
part 2 : Empereurs de Nicée et comptenporains (1204-1261) - 54 planches de I à LIV

  • Coinage and money in the Byzantine Empire. 1081-1261 : Auteur Michael F. Hendy, 1969
Ouvrage réalisé par l'auteur du DOC IV 
453 pages et 51 planches (de 1 à 51) d'Alexis I aux empereurs de Nicée à Constantin XI (1081-1261)